Au XIVe
siècle, les marins portugais mesurent tous les avantages de cette baie et
baptisent la ville Mogdura, déformation probable du nom de Sidi Mogdoul, un
marabout local. Les Portugais font de la cité un important comptoir commercial.
En 1506, ils y construisent un petit port et plusieurs remparts, ce qui confère
à la ville sa configuration spécifique. Une forteresse tellement utile qui
atténue son caractère vulnérable en raison de sa trop grande exposition. Les
Portugais encouragent à l’époque l’exploitation intensive de la canne à sucre.
En 1764, le
sultan Mohammed ben Abdellah décide d'installer à Essaouira sa base navale,
d'où les corsaires iront punir les habitants d'Agadir en révolte contre son
autorité. Il fait appel à Théodore Cornut, un architecte français à la solde
des Britanniques de Gibraltar. Le sultan le reçoit avec tous les honneurs dus à
un grand artiste et lui confie la réalisation de la nouvelle ville « au milieu
du sable et du vent, là où il n'y avait rien ». Cornut l'Avignonnais, disciple
de Vauban, et qui avait été employé par Louis XV à la construction des
fortifications du Roussillon, travailla trois ans à édifier le port et lakasbah, dont le plan original est conservé à la Bibliothèque nationale de
France à Paris. Il semblerait que la seconde ceinture de remparts et la médina
aient été dessinées bien après le départ de Cornut. Le sultan n'avait pas
souhaité prolonger leur collaboration, reprochant aux Français d'être trop
chers et d'avoir travaillé pour l'ennemi britannique. Avec son plan très
régulier, la ville mérite bien son nom actuel d'Es Saouira, qui signifie « la
Bien-Dessinée ». L'importance d'Essaouira n'a cessé de croître jusqu'à la
première moitié du XIXe siècle, et la ville connut une formidable prospérité
grâce à l'importante communauté juive(Les Juifs ont un statut spécial
d'intermédiaires entre le sultan et les puissances étrangères, obligées
d'installer à Essaouira une Maison consulaire ; il y en a jusque dix dans la
Kasbah. On les appelle les « négociants du roi » ou les « représentants
consulaires ». Ils ont, par exemple, le monopole de la vente du blé aux
chrétiens, celle-ci étant interdite aux musulmans). On y compta jusqu'à 17 000
Juifs pour à peine 10 000 musulmans. La bourgeoisie marocaine accourt y acheter
des bijoux. On l'a longtemps surnommé le port de Tombouctou, car les caravanes
chargées d'or, d'épices et d'esclaves venues d'Afrique subsaharienne y sont
alors négociées et le commerce y est florissant. Mais la plupart des Juifs
partent après la guerre des Six Jours. Aujourd'hui, il n'y subsiste que quelque
Pendant des années, c'est le seul port marocain ouvert au commerce extérieur.
La décadence
d’Essaouira
Mais le
déclin commence avec le protectorat français et le développement d'autres ports
(Casablanca, Tanger, Agadir). Handicapée par ses eaux peu profondes et ne
pouvant pas recevoir les gros bateaux modernes, la ville connaît cependant une
renaissance spectaculaire depuis le début des années 1990, renaissance due
essentiellement au tourisme mais aussi à sa vocation culturelles familles
juives.
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